Comment se mettre au vélo en ville

bicyclette en ville

Longtemps je n’ai utilisé que ma voiture pour me déplacer, que ce soit en ville ou en dehors de celle-ci. Et puis, progressivement, face aux embouteillages (Marseille est la ville la plus embouteillée de France) et aux difficultés pour se garer, je suis passé au vélo. Au début, je me suis dit que je ne l’utiliserai que de temps en temps, sur des petits trajets, pour gagner du temps. Depuis, j’ai complètement délaissé voiture et transports en commun pour ne me déplacer que sur ma fidèle bicyclette.

C’est un choix que je n’ai jamais regretté. J’en suis complètement accro, et je serai bien incapable de m’en séparer. La vie sans vélo ? Impossible !

Entendons nous bien. Je parle de vélo de ville. Le vélo qu’on prend pour aller au boulot et faire ses courses. Le vélo ce n’est pas que pour des courses cyclistes, pour faire du VTT ou des balades le dimanche ! Le vélo est bien un mode de transport, qu’on peut utiliser tous les jours en remplacement de la voiture.

Pourquoi passer au vélo ?

Le vélo est source de bien des avantages, comparé aux autres moyens de transport (à pied, voiture, transports en communs)

  • Vélo en villeLe vélo est rapide : contrairement à une idée reçue, le vélo est un moyen de transport extrêmement rapide. C’est même le plus rapide sur des trajets de moins de 5 km, devant la voiture ou les TEC. En moyenne un cycliste roule à 15 km/h en ville, la vitesse moyenne des véhicules n’est que de 14 km/h.
    À vélo, on se faufile partout, on évite les bouchons, et on n’a pas à chercher une place de parking.
  • Le vélo est économique : L’automobile est actuellement le deuxième poste de dépense des ménages, derrière le logement. Avec des budgets qui atteignent plusieurs centaines d’euros par mois, la voiture coûte cher. Le prix de revient kilométrique dépasse allégrement les 70 centimes d’euro. Mais il peut facilement atteindre quelques euros.
    Les frais d’entretien d’un vélo n’ont rien à voir avec ce qu’un garagiste demandera pour une voiture.
    Comparativement, un vélo ne coûte quasiment rien, pour peu que vous investissiez dans du bon matériel, et sera très vite rentabilisé.
  • Le vélo est bon pour la santé : Vous n’avez pas le temps de faire du footing ? Pas grave ! Se déplacer en vélo, c’est s’assurer une santé de fer. Le vélo réduit les risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète, d’obésité et d’hypertension, et augmente l’espérance de vie.
    « Oui, mais les cyclistes respirent des gaz d’échappements » -me direz vous. Faux ! Sachez que l’air de l’habitacle des voitures est bien plus pollué que l’air ambiant.
  • Le vélo ne prend pas de place : Les voitures occupent énormément de place en ville pour un taux d’utilisation finalement assez réduit. Il faut savoir qu’un véhicule passe le plus clair de son temps… dans un parking. Moins de voitures en ville permettrait de remplacer une partie des places de parking par des parcs et assurer une meilleure qualité de vie aux habitants.
    Un vélo, ça ne prend pas de place sur la route, ça ne créé pas d’embouteillages, et ça ne prend pas de place au garage.
  • Le vélo est écolo : Une voiture, ça pollue. La voiture verte, ça n’existe pas ! Et puis, il n’y a pas que les gaz à effet de serre, il y a aussi les microparticules, etc.
    Un vélo rejette combien de CO2 au km ? 0 ! Pour un air pur, passez donc au vélo !

Bon, je pourrai sans doute écrire un roman là dessus, mais je vais m’arrêter là. J’espère vous avoir convaincu des avantages du vélo.

Comment passer au vélo

Allez-y à votre rythme. Si vous tentez de passer au tout vélo d’un coup, alors que vous n’avez pas fait de sport pendant 10 ans, et que vous n’êtes pas prêt, pas équipé, mal conseillé, vous serez rapidement dégoûté. Mieux vaut commencer en douceur.

faire ses courses à véloSi vous avez des doutes, commencez par prendre le vélo une fois par semaine, pour aller au travail. Puis deux fois. Allez-y progressivement, vous verrez, vous y prendrez goût. Enfin, c’est à vous de voir comment vous voulez procéder.

Passer au vélo, c’est véritablement un autre mode de vie. Ne perdez pas de vue qu’il vous faudra sûrement un petit temps d’adaptation, alors ne vous découragez pas à la première côte. Pour partir sur de bonnes bases, voici quelques conseils tirés de mon expérience personnelle :

Investissez dans un vélo de bonne qualité : Par pitié, n’achetez pas votre vélo dans une grande surface ou chez Décathlon. Rapidement il commencera à se dérégler, s’user, se gripper. Sans compter le confort d’utilisation médiocre.
N’hésitez pas à prendre de la qualité. Un vélo, c’est un investissement. Chez un bon vélociste (un vendeur spécialiste du vélo), on vous fera une première révision gratuite au bout du premier mois, et vous serez tranquille un bon bout de temps. Et puis, il faut relativiser. Un vélo neuf haut de gamme coute beaucoup moins cher qu’une voiture d’occasion. En deux mois, votre achat sera rentabilisé.

Choisissez un vélo adapté à votre usage : Combien de kilomètres par jour roulerez vous ? Ferez vous vos courses avec ? Avez vous des enfants ? Bref ! Demandez bien conseil à votre vendeur si c’est un spécialiste, car il ne vous recommandera pas le même vélo selon l’usage.
Beaucoup de gens ressortent leur vieux VTT pour se déplacer en ville (c’est mon cas !). Mais pour la ville, rien ne vaut un bon… vélo de ville, avec éclairage, et porte bagage. Là encore, réfléchissez bien, c’est un investissement, et quand vous pédalerez, la différence se fera sentir.

Pour un vélo de ville, sachez que l’éclairage est indispensable. Avec une dynamo dans le moyeu (c’est à dire directement intégrée dans la roue), vous gagnerez en confort.

sacoches de transport pour véloPensez aux accessoires : À côté du vélo, il y a les accessoires indispensables. Je pense notamment aux sacoches. Parce que le vélo, on y prend goût : Au début, on s’en sert pour aller au boulot, et puis, on finit par faire ses courses avec. De bonnes sacoches vous aideront à transporter de lourdes charges. Personnellement j’utilise encore un sac à dos de randonnée, mais rempli au maximum (40L) il pèse son poids ! Un poids porté sur le dos qui déséquilibre facilement si on n’y est pas habitué…
On trouve aussi des remorques qui s’attachent au vélo pour transporter des charges vraiment volumineuses.
Et n’oubliez pas un bon antivol, vraiment indispensable. Nous en reparlerons.

Ne faites pas le radin sur la sécurité : Même si votre vélo dispose d’un bon éclairage, on n’est jamais trop visible. Un gilet réfléchissant ne coûte pas cher, et peut sauver une vie. À défaut, quelques bandes lumineuses sont un strict minimum.
Et le casque. Sur le port du casque, tout le monde n’est pas d’accord, personnellement j’évite, ce n’est vraiment pas confortable et ça encombre une fois arrivé à destination.

L’entretien de votre vélo : Un vélo reste un engin mécanique, qui réclame de l’entretien. Vous pouvez l’emmener chez le réparateur chaque fois que vous crevez un pneu, mais cela revient vite assez cher. En bricolant un peu, vous économiserez beaucoup d’argent. Et puis, même si les vélos ont beaucoup évolués, ça reste assez simple à réparer, à régler et à entretenir. On trouve assez facilement des conseils sur le net, par exemple comment régler le dérailleur.
Le minimum, c’est de savoir réparer un pneu crevé. Il vous faudra pour cela un nécessaire à rustine. Il est également utile de savoir régler le câble des vitesse. Et puis, il est essentiel d’huiler de temps en temps les parties en mouvement, pour limiter l’usure. Vous pourrez vous contenter de faire réviser votre vélo une fois par an chez un bon vélociste, et vous serez tranquille.
Un conseil simple : gonflez bien vos pneus. C’est fou les efforts qu’il faut faire pour avancer avec des pneus sous-gonflés ! En plus, les pneus s’usent plus vite, et crèvent plus souvent.

Hum ! Et quand il pleut ? : Et oui, le vélo, c’est aussi un retour à la nature et aux éléments. Il existe de très bons vêtements spéciaux qui protègent parfaitement de la pluie, pour arriver bien sec à un rendez-vous d’affaire.
Moi j’ai la chance de travailler à mon compte et je peux choisir les jours où je sors pour un rendez vous pro ou faire les courses. Et puis à Marseille il est rare d’avoir plus de deux ou trois jours de pluie consécutifs !

Bienvenue sur la route !

Sur la route, l’objectif principal, c’est la sécurité. Un cycliste est plus fragile qu’une voiture, donc, prudence.

Le plus grand danger qui vous guette (prouvé par les statistiques), c’est de prendre une portière qui s’ouvre alors que vous longez une file de voiture à l’arrêt : Il est bon de toujours laisser un mètre entre vous et les voitures garées. En plus cela dissuadera les automobilistes de vous doubler s’ils n’ont pas la place de le faire.

piste cyclableLa vie n’est pas rose tous les jours pour les cyclistes. Entre les automobilistes qui vous klaxonnent, les pistes cyclables de mauvaise qualité (quand elles existent), et les élus qui vous rient au nez quand vous réclamez des infrastructures, il y a des moments de blues ou on regrette le temps de l’ignorance.

La plupart des automobilistes considèrent que les vélos sont des jouets qui n’ont rien à faire sur la route. Par conséquent, ils ont une fâcheuse tendance à « oublier » de vous accorder vos priorités et à vous klaxonner parce que vous n’avancez pas assez vite (même s’il y a un feu 10 m plus loin). Le plus énervant reste l’abruti qui prend la piste cyclable pour une place de parking, même si c’est « juste pour 2 minutes ».

Face à ça, la bonne attitude à mon avis, c’est de la jouer zen et détendu, et de ne pas répondre. Ma sécurité passe avant ma priorité. Je ne vais pas assez vite ? Peut-être, mais tant pis, j’ai aussi le droit d’exister sur la route !

Dites vous que vous ferez la plupart du temps les mêmes trajets. Par conséquent, vous pourrez adapter votre itinéraire pour emprunter le chemin le plus sécurisé. À force j’ai appris à utiliser les petites rues désertes où je peux rouler à mon rythme sans gêner les automobilistes. Sur les grands axes j’utilise la voie des bus (interdit à Marseille mais on y est plus en sécurité sans les gêner, je roule plus vite qu’eux !)

Rouler à vélo ne dispense pas de respecter le code de la route. Bien entendu, pour des questions de sécurité, il est de temps en temps utile de passer outre des règles édictées pour les automobilistes, et parfois absurdes pour des vélos, mais ce n’est pas une raison pour ne pas tenir compte des feux, des stops, etc.

Enfin, une recommandation : soyez civils ! Ce n’est pas parce que les automobilistes nous manquent de respect, qu’il devez reproduire ce comportement sur les plus petits (les piétons). S’il m’arrive d’utiliser les trottoirs je n’oublie jamais que c’est d’abord leur territoire !

Rejoindre une association

Il existe de nombreuses associations de cyclistes regroupés pour partager, échanger, et aussi pour promouvoir leur cause. Pourquoi ne pas les rejoindre ? Comme par exemple la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

J’espère que ce petit guide sera un bon point de départ pour les débutants qui veulent se mettre au vélo. Malgré quelques inconvénients, vite résolus si l’on sait s’y prendre, la pratique du vélo reste un plaisir, et les avantages sont tellement nombreux qu’on aurait tort de s’en priver.

Be the first to comment

Leave a comment

Your email address will not be published.


*